
Les batiks de Olga veulent nous transmettre des messages universels sur la vie, et sur la vie africaine. Les histoires derrières les batiks nous ramènent
« to the roots, to our africain roots ». Les batiks sont tous uniques, un par un, même si à première vue beaucoup de batiks se ressemblent. C’est un choix de l’artiste avec lequel ses batiks se distinguent de tous les autres batiks ouest-africains. Olga obtient son style propre par une utilisation répétitive de certains motifs et éléments, l’utilisation des couleurs vives et fortes dont la combinaison aboutit à un caractère complexe, surréaliste et impressionniste des œuvres.
Une série de batiks de Olga est à comparer avec un album musical d’un artiste qui a son propre style : ce n’est qu’après avoir écouté l’album plusieurs fois qu’on se rend compte de la diversité des mélodies et messages véhiculés par les chansons.
Autre que la musique, l’œuvre de Olga est visuelle sans pour autant être virtuelle (car les batiks sont constitué de la matière combiné par l’artisanat). La lune, les coquillages, des calebasses, le soleil, les étoiles, la terre, la case africaine, les oiseaux et les poissons, ce sont tous des éléments qui constituent ensemble un tableau sur la vie. Car, avant tout, la plupart des batiks parlent de l’amour ; les relations entre les hommes et les femmes sont omniprésentes dans les tableaux. C’est ça la vie. L’œil qui voit tout, et après il choisit…. Plusieurs batiks contiennent une multitude de visages visibles et cachées, et si bien souvent les corps des personnages n’apparaissent pas sur les dessins, on reconnaît facilement deux autres éléments dominants dans les tableaux: la main, qui travaille, et les pieds, qui nous font promener dans la vie.
Olga s’inspire souvent des histoires qu’elle entend de gauche et à droite, dans cet environnement socialement complexe que constitue les terres africaines qu’elle habite. Tout comme la vérité dans ce milieu est difficile à établir, c’est ainsi que les tableaux laissent une interprétation libre à tout et chacun, car, tout le monde voit la réalité à travers ses propres yeux.
L’œuvre de Olga se veut « chère », dans le sens de « unique et rare ». Le travail manuel et le temps consacré à chaque batik sont le résultat d’une inspiration forte et l’amour pour le travail. L’histoire cachée derrière chaque batik, l’inspiration que Olga a ressenti en créant une scène de vie est à chaque fois transmise avec le batik s’il change de propriétaire. C’est un manuel oral qui est donné pour mieux comprendre un morceau de vie africaine.
Olga est née à Bohicon, ville moyenne au centre du Bénin, à une dizaine de kilomètres de l’ancienne ville Abomey, capitale du royaume de Dahomey.
C’est au nord du Bénin, dans la région de Nikki, que Olga a appris de sa grand-mère paternelle les technique de la teinture avec les couleurs naturels, telles que l’indigo, mais également d’autres plantes (jeunes pousses de feuilles de teck) ou fruits (noix de cola) à capacité colorante.
Après une formation de couture par l’apprentissage à Bohicon, Olga s’est consacrée depuis environ l’age de 18 ans à la fabrication des batiks selon un style propre, ce qui lui a donné également sa propre style de vie d’artiste féminine, ce qui est assez remarquable. Olga est une femme indépendante, qui travaille dur mais sur sa propre rythme puisqu’elle n’a pas de compte à rendre aux autres. Toutefois, Olga est une femme souriante qui essaie de donner de la joie à son entourage. A Cotonou, au Bénin, Olga avait l’habitude d’exposer ses batiks d’abord au Coco-cocktail et après dans une cabane de fortune le long de la route des pêcheurs, à la plage. Cette petite cabane se transformait rapidement en paradis de couleurs traversé par le vent de l’océan atlantique et Olga y a développé une relation proche avec des amis qui aimaient ce qu’elle faisait et ce qu’elle était.
Depuis fin 2004, Olga s’est installé à Mopti (Sévaré) au Mali, où elle continue de faire des batiks et de les exposer dans une petite boutique avec toujours une petite cabane en paille devant la porte. Au Mali, proche de la culture dogon et les éleveurs et pêcheurs du Delta Intérieur du Niger dont la ville de Mopti constitue le port principal. La confrontation avec ce peuple et sa culture différente qu’elle découvre au Mali, lui donne des nouvelles inspirations artistiques, tout comme elle devient de plus en plus consciente de sa propre culture jusque parfois être nostalgique d’un pays côtier et plus arrosé par des pluies qui est le Bénin.